Photo Yann Charles.

  WEBZINE FEELING BLUES N°15

 

    CARREFOUR DES AMOUREUX DU BLUES DANS LE SUD

                                                 Trimestriel

 

         juillet / août / septembre  2015

 

 

                           PAGE 1

SOMMAIRE

 

PAGE 1.   ÉDITO

               NOSTALGIE : HOUND DOG TAYLOR par André Fanelli.

               REVUE DE PRESSE : par André Fanelli

 

DOSSIERS  :

PAGE 2. Adieu BLUE BOY KING par Gilber Béreau 

PAGE 3. D'une soirée à San Francisco, retour sur la LAP-STEEL par André Fanelli 

PAGE 4. Chanteuses de Blues ou L'Éloge des Rebelles par Jean-Louis Guinochet.

Deuxième partie : de Billie Holiday à Big Mama Thornton et Janis Joplin.             

PAGE 5. BLUES MUSIC AWARDS. COMMENT ÇA MARCHE ?  Par Gilbert Béreau.

 

 

COMPTES-RENDUS DE CONCERTS :        

PAGE 6.

PAGE 7.

PAGE 8.

 

LES FESTIVALS :  

PAGE 9.

PAGE 10.

 

PAGE 11. TRIP BLUES Par Jean-Michel Rock'N'Blues.

 

CHRONIQUES : 

PAGE 12. ALBUMS À DÉCOUVRIR.

PAGE 13. ALBUMS À DÉCOUVRIR : LIVE. AUTOPRODUITS. RÉÉDITIONS.

 

PAGE 14. DERNIÈRES INFOS ET PROCHAINS CONCERTS RÉGIONAUX

 


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FEELING BLUES : www.feelingblues.com

Président d'honneur : Bruce Iglauer, Fondateur et Président du blues record label Alligator Records, Chicago. Il. USA.
Co-fondateur et Président : André Fanelli.
Co-fondateur, Rédacteur en chef & Webmestre : Jean-Louis Guinochet.
Contact : feelingblues@orange.fr





ONT PARTICIPÉ À CE NUMÉRO :

 

Rédaction et crédits photos : 

Christian Aliminana - Patrick Arpaillange - Gilbert Béreau - Nelly Blaya

Gérard Bioteau - Yann Charles - Sylvie Déclas - Jacques Demêtre - Thierry Dubuc André Fanelli - Joey Foley - Catherine Foret - Jean-Louis Guinochet - Alain Hiot  Dave Hogan - Bob Kieser - Dominique Michel - Etienne Mortini - Regis Perdreau  Jean-Michel Rock'n'Blues - Laurent Sabathé -  Jean-Pierre Vinel - Laurent Webb

Laurence Zahm - Olivier Zahm


ÉDITO

« B.B. King est mort ». J’étais ce jour du 15 mai en Californie lorsque la nouvelle tant redoutée est tombée. Rentré en France dix jours plus tard, j’ai pu mesurer l’ampleur des moyens que la presse quotidienne européenne avait déployé pour lui rendre hommage. Gilbert Béreau, toutefois, revient à sa façon sur ce monstre sacré.

Hound Dog Taylor : André Fanelli a eu la chance, en 1972, de passer plusieurs jours en sa compagnie. Il nous fait part de ses souvenirs comme de ses impressions.

« Chanteuses de Blues ou l’Éloge des Rebelles » : c’est au tour de Billie Holiday, Big Mama Thornton et Janis Joplin d’être dévoilées sous leur côté le plus rebelle.

D’une soirée à San Francisco, à un retour sur la lap-steel guitar : si vous avez envie de découvrir cet univers sonore ou de mieux le connaitre, André Fanelli vous suggère quelques pistes.

Blues Music Awards, comment ça marche ? : Gilbert Béreau décortique pour vous le fonctionnement de cette institution qui distribue ses récompenses depuis 35 ans.

Suite et fin du Carnet de Voyage « Trip Blues » de Jean-Michel Rock’n’Blues qui s’achève à Chicago.

Bien sûr vous retrouvez les comptes-rendus de grands festivals, comme le Chicago Blues Festival, Jazz & Blues Festival de Léognan ou le Louisiana Cajun & Zydeco…  Mais nous attachons également la plus grande importance aux comptes-rendus des concerts organisés par des passionnés tout au long de l’année dans nos plus ou moins petites salles du sud. N’hésitez pas à vous déplacer. Ces concerts, généralement de très bonne qualité, permettent une proximité et une complicité avec les artistes que vous ne retrouverez pas forcément lors des grands évènements ou en tous cas sont complémentaires. Soutenons et aidons le tissu local  (musiciens, clubs, programmateurs, associations, petites municipalités…) qui maintient et fait vivre le blues dans le sud. Comme aime le dire notre ami Gilbert, « Musique vivante…. sortez !!! »
(Lire également à ce sujet l’introduction du compte-rendu du Festival « Jazz & Blues de Léognan » en page 9 de ce numéro).

Ensuite, quand vous aurez lu les chroniques de cd, le programme des prochains concerts régionaux et les dernières infos, vous aurez fini de lire Feeling Blues que nous nous efforçons de rendre plus lisible, plus créatif et plus personnel pour vous satisfaire, car vous êtes si nombreux à nous prouver votre attachement !
Qu’un bel été vous accompagne !

Jean-Louis Guinochet



 

                               Par André Fanelli

 

 

HOUND

 

 

     DOG

 

 

     TAYLOR

 

 

 

 

 



 

 

«Et de ce temps, j'ai la peine agréable... » Voilà qui était sans doute une belle définition de la nostalgie, née de la plume aventureuse de Pierre Mac Orlan.
Car toute nostalgie est pétrie de ce si curieux mélange entre la détresse face au temps dérobé et sous la cendre du temps, la chaleur encore présente de ces bonheurs révolus.
Pour aujourd'hui, je voudrais évoquer un personnage dont je ne mesure qu'aujourd'hui le caractère emblématique et l'importance.


Photo Nicole Fanelli 1972
Photo Nicole Fanelli 1972



C'était un homme tout simple. Il venait du Sud et, comme tant d'autres, il avait pris la route pour Chicago. Pour une autre vie. Pour échapper à son destin. Et, peut-être, vivre pleinement de sa musique.


Les années étaient passées, avec deux comparses, il avait taillé sa route, son petit chemin en fait.
Sa musique était demeurée dans l'anonymat du ghetto, au gré des gigs dans les bars plus ou moins miteux fréquentés par une population le plus souvent très pauvre.
Hound Dog Taylor, quand Nicole et moi l'avons rencontré, avait 57 ans et, sous la houlette de Bruce Iglauer, il avait commencé une longue montée vers un statut nouveau.
Sans pour autant abandonner son univers habituel, il accédait à la clientèle nouvelle constituée par la jeunesse des collèges et des clubs estudiantins.
Dans ce face à face inattendu, on pouvait légitimement s'interroger sur qui était le plus surpris...
Une des photos illustrant ces quelques lignes montre bien cette confrontation.

Hound Dog était dégingandé, un peu maigre. Un minuscule chapeau vissé sur le sommet d'un crane  aux cheveux lissés, souvent vêtu d'un costume et d'une chemise au col largement ouvert permettant d'exhiber une médaille de bonne taille, il avait une sorte d'élégance faite de décontraction canaille.

Hound dfog Taylor et ses musiciens avec Nicole Fanelli.  Photo André Fanelli 1972.
Hound dfog Taylor et ses musiciens avec Nicole Fanelli. Photo André Fanelli 1972.


Il jouait alors sur une guitare japonaise bon marché, (que j'ai en mains sur une photo prise au début des années 80 dans le jardin de Bruce Iglauer), flanqué de ses acolytes, le puissant Ted Harvey à la batterie et l'imprévisible Brewer Philips qui tenait la seconde guitare ( au passage je mentionnerai que c'était une antique -très antique!- télécaster.


L'antique Télécaster d'Hound Dod. Photo Nicole Fanelli. 1972.
L'antique Télécaster d'Hound Dod. Photo Nicole Fanelli. 1972.

Dès les premières notes, Hound Dog s'emparait de l'assistance et, on pouvait penser, que s'il l'avait voulu, il aurait pu facilement, comme le célèbre joueur de flûte, entraîner à sa suite des cohortes de jeunes gens happés par ce boogie furibard qui faisait trembler les planchers.
Je dois avouer que ce groupe tout petit possédait une force peu égalée.

Photo André Fanelli. 1972.
Photo André Fanelli. 1972.



Cette musique reste pour moi une des émotions les plus vertigineuses de ma jeunesse, pourtant gorgée de musiques et d'électricité.
Ecoutez-donc son troublant «Sadie», au rythme hypnotique et sensuel, plus évocation chamanique que simple prestation musicale.
Et le blues lent ! Hound Dog créait instantanément un climat unique. Sa guitare délivrait des nappes sonores, laves incandescentes, cris déchirants, feulements de tigre blessé.
Ses disques, pourtant excellents, sont forcément au dessous de ses passages en concert, même ceux gravés en public. Mais que de petites merveilles à découvrir...

Photo André Fanelli. 1972.
Photo André Fanelli. 1972.

Et au-delà du musicien, il y avait l'homme. Pour nous un aîné dont nous aurions pu être les enfants. Je me souviens d'un petit matin, au bord de l'autoroute qui nous ramenait d'Oshkosh à Chicago,  nous avions stoppé dans une station service pour manger quelque chose et boire un café.
Tout à coup Taylor nous avait longuement regardé et nous avait demandé -comme en se parlant à lui-même- « vous avez votre famille en France et vous avez certainement fait des études. Vos parents ne seraient pas contents s'ils savaient où vous êtes et ce que vous faite ici. Nous ne sommes pas des gens à fréquenter. Nous jouons le blues, nous courrons les femmes, nous buvons... We just talk bullshit ».
C'était pour lui et ses musiciens un peu étrange de voir deux jeunes blancs, étrangers, parlant un anglais sommaire et semble-t-il assez « riches » pour se payer l'avion, venir passer leurs nuits dans des bars sordides voire dangereux du ghetto au lieu de s'en tenir à leur propre milieu.

Hound Dog faisant la fête avec une perruque. Photo André Fanelli 1972.
Hound Dog faisant la fête avec une perruque. Photo André Fanelli 1972.

Je réalise qu'au fil du temps et des rencontres avec Taylor, nous étions devenus plus familiers et sans doute mieux acceptés. Quel fabuleux souvenir que cette fête donnée pour l'anniversaire de Taylor, chez lui, dans un immeuble peu reluisant du South Side. Tout au long de la soirée des musiciens entraient et repartaient après avoir bu, mangé, joué.
La Soul Food, le gin, la musique... tout concourrait à créer une atmosphère inoubliable. Wesley Race et sa femme, Bruce et son amie, Nicole et moi. Quelques blancs au cœur même de familles noires.

Mais revenons à la musique...
Les vidéos montrant Taylor « en action » sont quasiment inexistantes.

Deux petits films mal ficelés tournés au Festival 'Ann Arbor au tout début des années 70 nous laissent pourtant deviner la force expressive du Dog.
Quelques mots d'introduction, il parle et, tout simplement, swingue avant même toute musique.
On mesure dès les premières vagues sonores la puissance de ce tsunami musical qui submerge tout. Trois « petits musiciens » sur une grande scène , même pas de basse et pourtant un tonus ravageur...

https://www.youtube.com/watch?v=KX9UG8rqRRQ

Quelques interprétations remontant à 1967 où en dépit d'un plateau très alléchant -Little Walter en personne!- la musique reste sage. Nous sommes loin de la furia qu'Hound Dog déchaînera quelques années plus tard. Mais la musique reste très agréable.

https://www.youtube.com/watch?v=JxqUt71bago

Dans les mêmes circonstances, uagnifique blues avec Taylor en retrait mais efficace et plutôt nuancé,  et Walter superbe. Le tout porté par un drumming du grand Odie Payne

https://www.youtube.com/watch?v=KX9UG8rqRRQ


Hound Dog a marqué nombre de musiciens : écoutez par exemple le tribut de Sonny Landreth

https://www.youtube.com/watch?v=JxqUt71bago

ou celui du  belge Ligthtin Guy Verlinde

https://www.youtube.com/watch?v=uH0-Gr0p

La discographie de Taylor n'est pas du genre copieux. Quelques albums jalonnent une carrière très brève si l'on excepte les années passées loin des studios dans l'anonymat.
Y compris l'anthologie Bea & Baby, label de Cadillac Baby, producteur légendaire de l'âge d'or chicagoan.

Alors, bonne chasse !




REVUE DE PRESSE

                             

                                Par André Fanelli



Une petite revue de presse pour vous donner envie de lire sur la plage.
A tout seigneur tout honneur, commençons par SOUL BAG.

Un numéro très riche comme d'habitude d'ailleurs et des horizons qui s'élargissent sans cesse. Le Blues proprement dit n'occupant qu'une place assez modeste somme toute.

Aussi ne boudons pas notre plaisir à la lecture du dossier consacré au Delta et à ses fascinantes musiques.
J'espère qu'il fera naître une curiosité propre à la découverte et que de nouveaux amateurs entreprendrons d'aller à la rencontre d'une musique oubliée. Bien injustement.
La plupart des artistes qui nous sont présentés demeurent totalement inconnus des innombrables clones de Clapton ou Bonnamassa qui encombrent les scènes festivalières.
Mais cette situation est sans doute aussi naturelle qu'inévitable. On la retrouve d'ailleurs dans le domaine du jazz où les jeunes amateurs n'ont que rarement écouté les grands qui ont créé ce langage.
Ceux qui m'aidèrent à découvrir le blues, pour la très grande majorité, ne cherchaient pas à le jouer. Nous voulions passionnément entendre ces sons venus d'un autre monde que le nôtre.
En fait nous étions principalement intéressés par l'univers de la culture africaine-américaine, du vécu dans le Sud ou dans les ghettos urbains et par le mode de vie des musiciens. Mode de vie dont nous ne pouvions adopter les règles pas plus que nous ne pouvions ressentir le poids de la ségrégation au quotidien.
Nouer des liens amicaux avec des artistes bien plus vieux que nous , comprendre leur comportement, parfois surprenant, inquiétant voire violent a été, pour ma génération, très difficile.
En ce qui me concerne sans Bruce Iglauer, Jimmy Dawkins ou Fred Below, la tâche eut été impossible. Lors d'une conversation récente avec Jim McCarthy, batteur des Yardbirds, ce dernier a évoqué l'absence de contacts autres que très ponctuels avec les bluesmen croisés aux USA lors de tournées.



ABS a fait fort : couverture funèbre et minimaliste pour un coup de chapeau à B.B. qui vient d'aller jammer chez Saint-Pierre. Il fallait le faire !



A l'intérieur, comme toujours, de quoi satisfaire les plus exigeants. Très intéressante interview de Selwyn Birchwood.

Ayant passé deux jours en sa compagnie, j'ai d'autant plus apprécié cet article.
Selwyn est vraiment attachant. Un peu réservé au début, il s'anima rapidement au gré des disques choisis dans ma collection. Ecouter des artistes commenter des morceaux qu'ils ont choisis eux-mêmes est toujours un plaisir.


Selwyn est un grand «essayeur» de guitares. Il n'a pas résisté aux charmes d'une lap-steel New Yorker 1951 ni à une Gretsch 6120 sur laquelle il nous gratifia d'un picking superbe qui montrait bien que notre homme ne reniait pas les racines.


Autre petite merveille, l'article de Jean-Paul Levet à propos de Washboard Sam. Un de mes artistes préférés et un authentique poète populaire. En fait, il faut tout lire. Et soutenir une équipe qui peut être fière de son travail.




Et BLEUS & Co ? Copieux. Il y a de la lecture. Un peu austère pour ceux qui aiment les paillettes... Beaucoup d'espace consacré à des comptes-rendus de concerts ou aux chroniques de CD. Le foisonnement des articles et la nature très diverse des styles abordés peut surprendre et décontenancer celui qui n'a pas une connaissance approfondie de la scène actuelle. Mais c'est l'occasion de constater la vitalité du Blues. Ou du moins de celui qui se pratique chez nous.

Au travers d'une interview bien menée, j'ai pu faire la connaissance de Nicolas Milani, personnage intéressant qui touche le lecteur par son enthousiasme et sa ténacité.
Une certaine lucidité aussi. Lorsqu'on lui demande si d'après lui le blues, en France, restera toujours confiné à une poignée de connaisseurs, il répond : « un vieux briscard du Mississipi, hors exception, n'attirera rarement pas plus que le cercle des amateurs de blues ou des jeunes qui remontent à la source du Rock. » et de citer quelques exemples de musiciens inspirés par le Blues mais qui, ayant adapté leur production aux attentes majoritaires du moment, peuvent remplir des salles conséquentes.

 

 



Rien que pour l'évocation du merveilleux Lonesome Sundown par Henri Mayoux, l'acquisition de BCR s'imposerait. Bel article, bien documenté et qui exprime la passion de son auteur. Je ne suis pas prêt d'oublier le frisson qui me parcourut aux premières notes de They Call me Sundown (Joliet 6002). Tout le blues en quelques mesures...


Il est devenu très difficile aujourd'hui d'écrire une chronique négative (ou même simplement réservée) sur un album. Donc, bonne idée d'offrir une rubrique « je n'aime pas » confrontée à un jugement positif.




Living Blues reste incontournable. Belle couverture sur les frères Holmes qui viennent de subir un deuil douloureux. Et bien sûr d'autres articles et chroniques à la hauteur du niveau exceptionnel de ce magazine.

Si vous aimez vadrouiller sur la toile, offrez-vous un petit voyage dans le temps pour faire connaissance avec un webzine qui a marqué son époque et dont on peut relire les articles avec un plaisir renouvelé.
Il s'agit de La gazette de Greewood : www.gazettegreenwood.net/



Dans BLUES MAGAZINE j'ai bien aimé le papier consacré au luthier Joël Gruau et à ses inénarrables guitares. Quelle imagination !
Les tirages et les ventes des Vocalion de Robert Johnson à l'époque de leur publication ont toujours agité le petit monde des collectionneurs. Je ne me souvenais pas du chiffre de 5000 exemplaires vendus du Terraplane Blues dont Patrice Gandois nous offre une traduction commentée. .

Les chiffres avancés d'ordinaire sont plus près de 3000 voire 4000. Mais cela ne change pas grand chose au fait que les disques de blues n'avaient pas une diffusion de masse.‎
Casey Bill a enfin une pierre tombale. Certes, il ne reviendra pas parmi nous pour autant mais ça va peut-être vous donner envie de l'écouter...

Bon, je commence à ressentir, une grosse flemme... C'est l'été varois qui s'installe.
A plus...

André Fanelli




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