Photo André Fanelli



Johnny Winter au Cahors Blues Festival le 14 juillet 2014. Photo Sylvie Bosc. www.sylbmonoeil.com
Johnny Winter au Cahors Blues Festival le 14 juillet 2014. Photo Sylvie Bosc. www.sylbmonoeil.com


WEBZINE FEELING BLUES N°12

Trimestriel


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SOMMAIRE

ÉDITO, JOHNNY WINTER & REVUE DE PRESSE par André Fanelli



SOMMAIRE


 

 

FEELING BLUES : www.feelingblues.com
Président d'honneur : Bruce Iglauer, Fondateur et Président du blues record label Alligator Records, Chicago. Il. USA.
Co-fondateur et Président : André Fanelli.
Co-fondateur, Rédacteur en chef & Webmestre : Jean-Louis Guinochet.
Contact : feelingblues@orange.fr 


ONT PARTICIPÉ À CE NUMÉRO :

Gilbert Béreau - Gérard Bioteau - Didier Blaine - Joël Bizon - Barbara Dole - André Fanelli - Catherine Foret - Jean-Louis Guinochet - Jean Michel -

Christine Morineau - Laurent Sabathé - Isabelle Ubiksoundblues -

Crédit Photos :

Nicolas Aunet - Eveline Balliner - Gilbert Béreau - Gérard Bioteau -

Laurent Bonne - Sylvie Bosc - Jean-Luc Bouchier -  Sylvie Déclas -

André Fanelli - Alain Hiot - Jean Michel - Rhonda Pierce - Jean-Paul Pichon - Laurent Sabathé - Cédric Vernet - Denis Vernet - Jean-Pierre Vinel -


ÉDITO

L'été qui se termine a été, dans le sud, riche en festivals et concerts en tous genres !
Vous trouverez les comptes-rendus des principaux, dont le plus important encore uniquement consacré au blues, le Cahors Blues Festival, qui a connu deux évènements totalement opposés mais liés. Le dernier concert de la vie de Johnny Winter qui était venu parrainer l'attribution d'un Marker par la Mississippi Blues Trail Commission à cet ancien et prestigieux festival.
Nous consacrons notre couverture en hommage à cet extraordinaire personnage.
Les interviews de Robert Mauriès, président du Festival et de Kathy Boyé, qui a assuré la direction artistique de la soirée "hommage à la Route du Blues", nous permettent d'en savoir un peu plus.

Un autre lieu de concert, insolite et atypique, nous a permis par la même occasion de découvrir les Baléares.  C'était la 1ère European Blues Cruise au départ de Marseille, avec à son bord, quelques uns des meilleurs représentants du Chicago blues. Un pari réussi !

Anniversaires obligent, Cédric Vernet nous raconte Le Blues Café Live qui fête ses dix ans, avec une soirée consacrée aux 20 ans d'Awek. Nous nous sentons bien jeunots avec ce numéro de Feeling Blues qui fête ses deux ans !

En complément des rubriques habituelles dont la revue de presse d'André Fanelli, les chroniques de CDs et les dernières infos, Isabelle Ubiksoundblues nous a rejoint pour vous proposer des vidéos d'interviews, d'articles ou de concerts spécialement réalisées pour Feeling Blues, avec entre autres Kathy Boyé, La Toulouse Blues Society, Gladys Amoros ....

Passez un bel automne ! On se retrouvera à Noël ! Déjà !


La Rédaction

 

 


NOSTALGIE

Par André Fanelli

 

BYE BYE JOHNNY

Johnny Winter vient de mourir. Presque en scène, à l'égal de Molière.

En fait son décès est survenu en Suisse, durant sa dernière tournée, le 16 juillet, juste après sa dernière apparition en scène. Au Cahors Blues Festival.

Johnny Winter ne laissait pas indifférent. Son aspect peu ordinaire, son parcours chaotique, l'évocation d'une éventuelle liaison avec Janis Joplin et bien d'autres choses peuvent nous éloigner de l'essentiel : sa musique.

Johnny Winter au Cahors Blues Festival.Photo Sylvie Bosc. 2014.
Johnny Winter au Cahors Blues Festival.Photo Sylvie Bosc. 2014.

 

 

Johnny Winter était sans conteste un bon guitariste de blues. En tant que chanteur, il ne figurait pas à mon humble avis au sommet.
Né dans la cité pétrolière de Beaumont, au Texas, en 1944, il découvre très tôt la musique de la communauté noire qui le marque profondément.

Il a souvent raconté l'importance qu'avait revêtue cette soirée où, à 17 ans, il avait joué dans un club « noir » à Beaumont.

B.B. King était à l'affiche et il avait permis au jeune Johnny de jouer un morceau... et d'obtenir une ovation.

 

 

 

 

 

Photo DR.
Photo DR.

 

 

Outre les belles faces gravées en compagnie de Muddy et les nombreuses productions qui ont jalonné sa carrière, un disque témoigne à mon sens tout à la fois de son humilité et de son respect sincère pour les maîtres passés : un LP gravé en compagnie de trois musiciens dont deux « légendes » de la musique populaire noire : le contrebassiste Willie Dixon et le merveilleux Sonny Terry. Johnny Winter y est avant tout un accompagnateur, certains diront un « faire-valoir » et il semble s'en contenter pleinement. Nous sommes loin des phrases virevoltantes du style de celles qui émaillent certaines faces de l'album Second Winter par exemple.

 

Mais nous sommes au cœur même du blues...


Bye bye Johnny...

 

 

 


Au Festival Pop d'Aix-en-Provence. Août 1970. Photo André Fanelli.
Au Festival Pop d'Aix-en-Provence. Août 1970. Photo André Fanelli.



 

A l'occasion des 70 ans de Johnny Winter, fêtés en février dernier, Columbia/Legacy lui avait rendu hommage en éditant ce coffret de 4 CD qui retrace plus de 40 ans de musique du bluesman.

Soigneusement choisis, 56 titres au total sont extraits de 27 albums, souvent enregistrés en compagnie de grands du blues comme Mick Bloomfield, Muddy Waters, James cotton, Dr John....et bien d'autres.

C'est en quelque sorte une rétrospective condensée de l'ensemble de sa très longue carrière. Un coffret que vous pouvez encore facilement vous procurer.

 

 



                                              d'André Fanelli

 

 

 

Au fil des numéros on ne peut être qu'admiratif devant ABS Magazine, une publication qui a placé la barre très haut et parvient à conserver cette excellence. Chapeau.
Son entrée dans le Mississippi Blues Trail est plus que méritée.

 

 

 

Ce numéro vous offre un voyage dans le temps. Le récit de la « découverte » d'un old timer de l'acabit de Leo Bud Welch vaut le détour. J'ai été immédiatement pris par l'envie d'entendre ce témoin. Une sorte de coelacanthe remonté des eaux boueuses du Mississipi.
Si pour vous le Blues c'est Bonamassa, passez votre chemin. Pas d'exploit technique. Juste le blues dans son dépouillement et sa puissance de fascination.
Ne croyez pas que je perd tout sens critique ! Tout me porte à penser que Welch aurait quand même été plus habile si on l'avait enregistré quand il avait cinquante ans. Avant que l'âge dans ses nerfs ait fait couler sa glace comme disait l'autre. Mais le blues n'est pas QUE de la musique. Ce «bruit» magique recèle encore bien des mystères.

 

https://www.youtube.com/watch?v=t0MbV07Dx04


Le chemin du blues est jalonné depuis longtemps par des redécouvertes. On se souvient de Nathan Beauregard, alerte centenaire ou du merveilleux Lazy Bill Williams.


Un mot pour saluer la qualité des photos publiées dans ABS.

Super !

 

 

 

 

 

 

Autre monument : LIVING BLUES.

 

Le dernier numéro est largement consacré à l'harmonica aujourd'hui. Indispensable à tous ceux qui sont accros à cet instrument essentiel du blues.

 

 

 

 

BLUES MAGAZINE contient notamment un long article de Jean-Claude Colin sur le « Blues Blanc » américain qui fait pendant à celui consacré au British Blues dont j'ai parlé dans le précédent numéro de Feeling Blues. On sent à chaque instant l'amour que l'auteur porte à son sujet. Son enthousiasme va de pair avec sa connaissance approfondie des musiciens qu'il évoque et l'on apprend beaucoup.

 

 

C'est un peu dommage, cependant, de passer à la trappe une histoire très riche. L'histoire n'est pas un puits sans fond sur lequel il serait dangereux de se pencher ni une bibliothèque de Babel, poussiéreuse et rebutante. C'est un trésor avec ses joies inattendues...
Le Blues a été très présent dès les origines dans la population du Sud. Y compris chez les blancs qui en pratiquaient la forme sans cependant s'en approcher pleinement.
Le Louise, Louise Blues gravé en 1937 par les Brown's Musical Brownies est, entre beaucoup d'autres, un parfait exemple de l'interaction entre les musiciens issus des deux communautés. Ou le Married Man Blues chanté en 1937 également par Helen Hutt et les Nite Owls.
Un des plus étonnants témoignages de la complicité qui pouvait unir les musiciens des deux races se retrouve dans les faces gravées au début des années 30 par Jimmie Davis (qui devint plus tard gouverneur de Louisiane!) excellent chanteur et steel guitariste en compagnie du guitariste noir Oscar Woods.
Un dernier point. Si vous lisez l'anglais, que la question du «Blues blanc» vous intéresse et que des textes un peu denses ne vous accablent pas, jetez un œil sur un article passionnant mais polémique d'un grand connaisseur, Paul Garon, auteur de nombreux livres et essais. Le texte est ancien mais le sujet toujours actuel.

http://www.bluesworld.com/WHITEBLUES.html

 

 

 

 

N'oublions pas SOUL BAG ! J'ai aimé l'évocation de Margie Hendrix. Un destin qui s'inscrit parfaitement dans la face tragique de la musique africaine-américaine. J'adorais cette chanteuse hors pair et je souscris tout à fait à l'opinion de Joël Dufour : elle avait la classe des plus grandes.

 

Beau papier sur Curtis Salgado. Mais il faudrait des pages pour rendre compte de la richesse de chacun des numéros de la revue, aujourd'hui seule survivante des années 70s et doyenne de la famille.

 

 

 

 

 

Du côté du Web, BLUES BLAST nous offre un long entretien avec le guitariste Eric Gales (qu'il ne faut pas confondre avec son presque homonyme, Eric Gale, guitariste de jazz qui s'illustra notamment dans la Fusion. Eric se raconte longuement et, participant de l'esprit du temps, nous fait part de sa grande crainte d'être « catalogué » musicalement.

I’m not the kind of artist that wants to be boxed in by one style or one genre of music. That would be a terrible feeling.


Heureusement que Big Bill, Muddy hier et bien d'autres aujourd'hui n'ont pas choisi cette stratégie musicale.


Bon, et si on s'arrêtait là ?
A plus.

 

André Fanelli

 

 

 

 


 

 

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