Photo André Fanelli

WEBZINE FEELING BLUES

CARREFOUR DES AMOUREUX DU BLUES DANS LE SUD

Bi-mestriel

N°6

septembre/octobre 2013

PAGE 1

SOMMAIRE

PAGE 1

1. Édito

2. Nostalgie

3. Albums à Découvrir

4. Compte Rendus d'Évenements

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5. Articles et Interviews

6. Prochains Concerts Régionaux

7. Le Petit Gag du Mois

8. Les Petites Annonces des Lecteurs

9. Dernières Infos

10. Contact

1. ÉDITO

 

Comme toujours l'été est passé vite ! Trop vite !

 

Malgré tout, cela n'a pas empêché à l'actualité du blues dans le sud d'être riche en évenements. 

Malheureusement, ne pouvant être partout en même temps, nous ne pourrons en traiter qu'une petite partie.

D'ailleurs, si certains d'entre vous veulent jouer les bénévoles pour Feeling Blues et nous représenter dans une région du sud, vous êtes les bienvenus.

 

Encore de tristes nouvelles, la disparition de Bobby Blue Bland et celle de JJ Calle, mais aussi de belles rencontres comme celle de Robert Cray, Manu Lanvin ou Philippe Grancher.

Dans les semaines qui viennent, Big Daddy Wilson est attendu avec beaucoup d'impatience, tout comme le Vargas Blues Band ou Jonny Lang à Avignon.

 

N'oublions pas les "locaux" avec un article sur l'association Tribal Roch ou l'harmoniciste varois Lionel Mollo.

 

Merci à tous pour votre soutien. 

Nous fêterons ensemble l'anniversaire de Feeling Blues dans le prochain numéro.


La rédaction

 

 

2. NOSTALGIE

Mr BLAND EST ABSENT...

Bobby Bland et (de dos) bruce Iglauer. Photo André Fanelli 1973.

 

 

Bobby Blue Bland est mort.

Chacun peut trouver sa bio sur la toile.
Moi j'ai autre chose à vous dire...

Il devait être autour de trois heures du matin. Nous venions d'arriver à un parking sur l'autoroute un peu avant Cairo au sud de l'Illinois. Mon ami Bruce et sa compagne du moment Bee et moi, le frenchie ébloui par une semaine folle à Memphis où j'avais égrené quelques notes approximatives avec Houston Stackhouse dans la cuisine de notre Hôtel.
Sur le parking, à quelques dizaines de mètres, un autobus vide. Un de ces longs bus arrondis de part et d'autre, une sorte de tatou ou plutôt d'armadillo.
Il y avait quelque chose d'écrit sur le flanc de cet engin improbable : Bobby Blue Bland...
Nous sommes entrés dans le bistrot/station de service minable, juste après les pompes. Un noir était en train de boire au comptoir, un autre se tenant à quelques mètres.
Bien sûr, le type au comptoir, c'était Bobby.
Nous nous sommes approchés de ce géant fatigué qui ramenait son autocar, son « band bus » à la maison. Je m'efforçais de tout comprendre et de participer à cette conversation inattendue et si excitante.
Quelques consommateurs -blancs- sirotaient leurs godet en nous jaugeant de leurs regards de lézard.
Nous avons passé une demi-heure au contact de cette légende absolue.
Tout en parlant nous ressentions une émotion dévastatrice. Nos têtes résonnaient des sons magiques des faces Duke et des licks de Wayne Bennet.
Nos cœurs avaient immédiatement trouvé le tempo.
Nous avons raccompagné Bobby, je veux dire Mister Bobby Bland, vers son car.
Puis nous sommes revenus vers le comptoir pour un café oublié mais dont nous ressentions à présent le besoin.
On nous a foutus dehors.
Je n'ai pas tout compris des invectives. « Niggerlovers » ça je m'en souviens.
J'étais bien aux States et Obama était encore si loin...
Si vous ignorez qui est Bobby Blue Bland, je vous envie car vous allez découvrir la voix d'un géant.
Si vous l'avez vu à la fin de son parcours, tournez vous vers les chefs d'œuvre et oubliez les couinements porcins dont il usait et abusait à la fin...
Je l'ai vu pour la dernière fois à Los Angeles au Festival de Long Beach.
Avec un orchestre décalé, bopper à la trompette, funky people à la rythmique et tout et tout, pour sonner moderne. T'en fais pas papy, on s'occupe de tout...
Sauf de ta musique...
Bonne nuit Monsieur Bland, vous m'avez offert trente minutes de pure lumière, au petit matin, au long d'un autoroute qui traçait sa ligne droite sur une plaine plate comme l'ennui.
C'était hier. 1973.
Rideau.

André Fanelli

 

 

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3. ALBUMS À DÉCOUVRIR

BIG BILL & MUD MORGANFIELD

Deux frères ou plutôt deux des fils de Muddy Waters se partagent l'héritage vocal et musical qui coule encore dans les veines familiales.

Les titres de certains albums sont d'ailleurs évocateurs : "Blues In The Blood" en 2003 pour Big Bill et aujourd'hui "The Blues Is In My Blood" pour Mud.

 

Chacun vient de sortir un nouveau CD dont on peut dire qu'ils sont très bons.

 

 

BIG BILL MORGANFIELD

Blues With A Mood

Black Shuck BSR 002. février 2013

Depuis son premier album "Rising Son" en 1999, Big bill nous offre ici son 5ème CD : Blues With A Mood.

L'ensemble des titres sent bon l'ambiance paternelle même si certains comme "Another Lonely Night" ou "Tight Things" sont d'une "humeur" plus orléanaise, ce qui n'est pas pour me déplaire quand on a un Augie Meyers excellent au piano.

 

Un album certes sans grande surprise mais réussi et très agréable à l'écoute avec des plages lentes ou bien groovantes ("Money's Getting' Cheaper" ou "Look What You Done").

En revanche, le titre "I Feel Alright Again" est trop Fats Domino à mon gôut et on se serait passé de la légère ballade "Havin' Fun".

 

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MUD MORGANFIELD

The Blues Is In My Blood

Blues Boulevard records 250344

Les bandes ressorties par Blues Boulevard Records ne sont pas récentes puisque enregistrées en 2008 au Drift Bar du Royal hôtel dans l'Ile de Jersey.

A l'époque, Mud était accompagné par les Dirty Aces avec Filip Kozlowski à la guitare, Giles Robson à l'harmonica, Tim Bryon à la basse et Paul Bisson à la batterie.

Au chant on retrouve Mud avec la même voix que son père, incroyable ressemblance qui m'avait déjà étonné dans son précédent CD : Son Of The Seven Son (Cf. Feeling Blues n°1°).

 

Peut-être en hommage au 100ème anniversaire de la naissance de McKinley, le label a extrait du concert les titres les plus emblématiques de Muddy : "You Gonna Miss Me", "Walking Thru The Park", "Hoochie Coochie Man", "I'Ready", "Mannish Boy", "Forty Days And Forty Nights"....

 

Pour ceux qui aiment cette musique,  régalez-vous avec l'ambiance live de ces titres revisités avec talent par un des héritiers du maître et dont la fin de l'album est une interview qui lui permet de se présenter comme tel.

 

Jean-Louis Guinochet

 

 

 

 

 

 

BIG DADDY WILSON

Photos de Patricia De Gorostarzu
Photos de Patricia De Gorostarzu

I'M YOUR MAN

Dixiefrog

 

1.   Travelin' blues     2:53   
2.   Hold the ladder     3:49   
3.   I'm your man     4:09   
4.   I wanna be your man     2:40    
5.   My day will come     3:17    
6.   Please     2:59   
7.   Hurricane     4:51    
8.   Oh Carolina     3:27   
9.   Born loser     4:09   
10. Baby's coming home again     3:08   
11. Show dog     3:11
12. I'm so glad     5:18
13. When it rains  (Bonus Track)

 

 

Big Daddy Wilson, chant.

Andre de Lange, chant.

Staffan Astner, guitares.

Peter Hallström, claviers.

Sven Lindvall, basses et tuba.

Per Lindvall, batterie et percussions.

Petra Wahlgren, violon et viole.

Eric Mossnelid, clarinette (sur I Wanna Be Your Man)

 

 

Etonnemment enregistré en Suède avec des musiciens du nord de l'Europe, c'est le 3ème album chez Dixiefrog.

Il est totalement différent des précédents, Love Is The Key (2009) et Thumb A Ride (2011), surtout grâce à l'apport de guitares électriques.

 

Wilson Blunt, qui a débuté la musique avec les percussions et la basse, en a écrit la plupart des musiques et tous les textes, ou plutôt toutes les histoires.

Cet auteur-compositeur-interprète, au style vocal si particulier, si chaud, si doux et si puissant, raconte ou se raconte de façon éclectique dans un blues aux influences funk, soul et gospel qui lui viennent de son enfance et de la petite ville de Caroline du Nord dont il est natif.

 

"Je veux que les gens me ressentent, je veux les prendre par la main et les amener dans mon univers, là-bas sur les chemins de terre battue de Caroline du Nord. Le Blues est un sentiment. Feel me !"

 

Le magnifique livret permet d'en comprendre les textes et les photos de Patricia De Gorostarzu complètent parfaitement l'ensemble.


Le son est exceptionnel.

Un des très bons albums de 2013.

 

Jean-Louis Guinochet

 

 

 

Big Daddy Wilson sera dans le sud :

le 4 octobre à Narbonne (11),

et à l'Eden District Blues à Oraizon (04) le 05 octobre à 21h00.

et à la soirée blues du Festival de Jazz de Draguignan (83) le samedi 30 novembre à 21h00.

 

 

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4. COMPTE RENDUS D'ÉVENEMENTS

6ème GANSAD' FESTIVAL

Concert du 20 juillet à Peymeinade (06)

Fred Chapelier avec : Charlie Fabert (guitare), Abder Benachour (basse), Denis Palatin (batterie). Photos Jack Blues.
Fred Chapelier avec : Charlie Fabert (guitare), Abder Benachour (basse), Denis Palatin (batterie). Photos Jack Blues.



Pour cette 6è édition du Gansad’Festival, le 20 juillet dernier, l’association TribalRoch qui faisait office de directeur artistique, n’avait pas lésiné sur la programmation. Fred Chapellier en première partie de soirée suivi de Manu Lanvin & Neal Black. Rien que ça !


Fred, dont le talent lui a permis de se hisser à la première place des « blues charts » américains en 2009 et Neal, référencé  par la critique internationale comme « The master of High voltage Texas Boogie » sont deux artistes reconnus par les amateurs avertis des deux côtés de l’Atlantique et notamment ici sur la Côte d’Azur. Voilà pour les monstres sacrés !


Mais la surprise du soir ce fut Manu Lanvin. Fils de… ? Pas du tout. Son assurance a priori à toute épreuve, son charisme impressionnant, c’est indéniable, son talent d’auteur-compositeur-interprète… en font un vrai bluesman. Un mec authentique qui a des choses à dire… Et ça se sent. Et de retrouver des émotions de plus de trente ans en arrière quand un lundi soir gare Saint-Lazare le tout jeune Deraime devenait Bill.


Le voyage débute « Sur la route sixty one » que Manu – vous excuserez la familiarité - a tatoué sur ses deux avant-bras. « Je mourrais les bras en croix les pieds tournés vers la Californie » me confie-t-il après le concert. Un bon track, bottelneck au doigt, s’inscrivant dans la tradition d’un blues traditionnel chanté en français.
Passant de l’anglais au français, du blues acoustique au blues électrique avec une maîtrise presque insolente, les titres, au son rageur et aux riffs endiablés, appuyés par les Devils Blues, s’enchaînent sans temps mort et nous transportent d’une chanson à l’autre avec une vive énergie.
Entre désillusions et soif de liberté, entre arrangements bluesy ("Don’t beat a woman"), et   rythmiques à la Stevie Ray Vaughan ("Laisse-moi respirer" ou "Lil White Man") – c’est marrant comme en France on est obligé d’étiqueter -  « Tendre est la nuit » à Peymeinade sous les Pins du parc Daudet.


Mais de ce coin de France à Austin, il n’y a qu’un pas. Austin c’est le Texas et pour moi le Texas c’est Neal Black.
Doit on encore présenter Neal Black ?…Vingt-cinq ans à électrifier le public dans le monde entier, leader du groupe The Healers, figure majeure de la scène blues américaine, performeur puissant, songwriter inspiré, guitariste virtuose et ami sincère… 


Pour l’anecdote leur rencontre s’est faite en plein cœur du vieux Montmartre au Studio La Chocolaterie à Paris, autour d'un travail en commun. Et quand Neal Black rencontre Manu Lanvin c’est le « Paris Texas Tour » qui se met en branle. La suite c'est sur scène qu'on la retrouve.
Pourquoi me vient-il alors à l’esprit ces quelques vers de Lafontaine extraits de la fable « Le Loup et le Renard » :
- « Apprends-moi ton métier, Camarade, de grâce ;
(…)
- Je le veux, dit le Loup ; il m'est mort un mien frère (…) et le Loup dit : Voici comme il faut faire !...
Vrai ? Faux ? Je ne sais, mais c’est ce que j’ai ressenti tant le contraste – au plus grand bonheur des quelque trois cents spectateurs présent ce soir-là - est saisissant entre ces deux personnalités qui fusionnent leurs énergies, guitare en mains, pour un partage avec un public qui malheureusement reste ici encore et toujours à éduquer…


Ne ratez pas ces deux artistes, guitaristes émérites, auteurs, compositeurs, interprètes, accompagnés par des musiciens français et américains de grande classe (désolé j’ai pas les noms)  s’ils passent près (plus ou moins) de chez vous.

Ca vaut vraiment le déplacement.

Jack Blues.

 

 

Manu Lanvin et Neal Black avec : Mike Lattrainne (clavier), Gabriel Barry (contre basse et basse), Jimmy Montout (batterie) Photos Jack Blues.
Manu Lanvin et Neal Black avec : Mike Lattrainne (clavier), Gabriel Barry (contre basse et basse), Jimmy Montout (batterie) Photos Jack Blues.

ROBERT CRAY BAND

Concert au Jazz Festival de Toulon. 27 juillet 2013

 

 

 

Dans le cadre du Jazz festival de Toulon 2013, merci à la programmation d’avoir retenu le prodigieux « Robert Cray Band » qui nous a délivré en concert le 27 juillet dernier, l’essence de son dernier album (le 16éme) « Nothin but love » sorti en 2012.

 

Un public nombreux et averti a passé 1h30 de pur bonheur blues,  modernisé par des accents empruntés à la soul «Great Big Old House » et au rythm’n Blues « A memo ». Le chant cristallin, clair et chaud, les riffs et chorus  « stratocastérisés » labellisés  de  Robert Cray  d’une justesse et d’une maîtrise remarquable nous rappellent  les influences de l’artiste aux cotés des plus grands bluesmen (John Lee Hooker, Stevie Ray Vaughan, Eric Clapton,…) et nous entraînent  sans concession…


Certains puristes pourraient y entendre un coté californien mais Robert Cray ne joue pas dans cette cours et sa dualité  guitare-chant à travers des morceaux tels que « I’Done Crying » et « Won’t be coming home » nous sensibilise  à ses créations visionnaires et évolutives du blues , BB King lui-même ayant surnommé  Robert Cray  «le prophète du blues ».
Parmi les musiciens qui accompagnent  Robert Cray, Jim Pugh sublime divinement cette ambiance musicale de son orgue Hammond, le bassiste Richard Cousins et le batteur ont assuré une base rythmique recherchée et variée d’une présence musicale remarquable sans toutefois « surjouer ».


Enfin, Robert Cray a été consacré l'an dernier en entrant au Blues Hall Of Fame à 57 ans. Grand artisan du renouveau du blues, il inonde la scène de sa présence par son humilité charismatique et sa virtuosité de bluesman reconnue.

 

Jean-Pierre Sauzet

 

Jim Pugh, Richard Cousins et Robert Cray
Jim Pugh, Richard Cousins et Robert Cray
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MAD IN BLUES

and the Chicago Family

Les concerts d'été dans le sud

Saint Mandrier-sur-Mer (83). Photos Gérard Flandrin.
Saint Mandrier-sur-Mer (83). Photos Gérard Flandrin.

 

 

Pendant pratiquement tout l'été, le sud a été le terrain de jeux des MAD.

 

Que ce soit en bord de mer ou dans l'arrière pays varois, les concerts se sont succédés devant des amateurs de Chicago Blues totalement sous le charme.

A chaque soirée le chanteur, avec son aisance communicative et sa voix parfaite pour nous envoûter, a fait participer un public coopératif, complice et heureux de partager avec entrain le plaisir et la générosité du groupe qui s'est toujours donné à fond dans une ambiance souvent festive.

 

Saint Raphaël (83). Photo Média Massive.
Saint Raphaël (83). Photo Média Massive.



Déjà bien connu dans la région les MAD ont profité de chaque occasion pour faire découvrir leur musique aux touristes français et étrangers venus en grand nombre.

Saint Raphaël (83). Photo Média Massive.
Saint Raphaël (83). Photo Média Massive.



Au gré des concerts, divers invités de la Chicago Family se sont joints à eux :

le guitariste de blues André Fanelli (à Salernes et Tourtour), l'harmoniciste de blues Jo Miranda (à Draguignan et Salernes), le pianiste et organiste de jazz Pierre Cammas, le tromboniste de jazz parisien Antoine Maunoury (à Taradeau) ou la chanteuse de blues Nana (au Lavandou)....

Si vous les avez raté cette fois-ci rattrapez-vous la prochaine fois, vous ne serez pas déçus.


Catherine Foret



 

 

Vidéo extraite de la soirée blues au Festival "Les Nuits Mandréennes" à Saint Mandrier-sur-Mer le 8 juillet 2013.

Merci à Jeanie pour son film, merci aux cigales pour les coeurs et désolée pour le son.

 

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PHILIPPE GRANCHER

& THE O.C. BROTHERS

Concert du samedi 24 août au Jack's Blues Café

Philippe Grancher au Jack's Blues Café, bronzé par le soleil du sud de la France et en pleine forme. Photo Jean-Louis Guinochet
Philippe Grancher au Jack's Blues Café, bronzé par le soleil du sud de la France et en pleine forme. Photo Jean-Louis Guinochet

 

 

En vacances dans la région, Philippe Grancher en a profité pour investir le légendaire Jack's Blues Café, endroit qui, toujours comme par magie, réunit "les amoureux du blues dans le sud" dans une ambiance Juke-joint qu'on a du mal a imaginer à Cagnes-sur-Mer.

Orphelin de ses G-Men, Philippe s'est entouré pour l'occasion des  O.C.Brothers dont le dernier album encore tout chaud, "Daddy Put The Blues On Me" était ce soir en vente aux privilégiés qui avaient pu entrer dans une salle plus que comble.

(l'album sera chroniqué dans le prochain numéro de Feeling Blues)

 

Le premier set est assuré par les niçois qui, comme à leur habitude, ont joué une musique plus que parfaite dans les mises en place, gavée de technicité et de virtuosité, ça claque, c'est précis, les guitares de l'un ou de l'autre faisant des merveilles dans tous les domaines et les deux frangins à la rythmique étant d'une parfaite complicité.

Ça envoie ! C'est sûr, ça envoie !

(cf. n°5 de Feeling Blues)

 

Une pause permet au public de goûter à la fraicheur nocturne qui sent bon les fragrances d'été en attendant que Philippe Grancher se prépare pour le deuxième set puisque finalement c'était quand même bien le but principal de cette soirée.

 

D'emblée l'ambiance musicale change radicalement.

Tant dans l'extrême douceur de la voix qui reste toutefois bien présente que dans un jeu, au départ, particulièrement sobre à la guitare mais au toucher exceptionnel, on comprend que le personnage est là pour nous emmener vers un blues classique des meilleures années.

Son dernier album "Classical Blues Music" en est d'ailleurs la parfaite illustration.

 

Les titres qui se succèdent sont des reprises jouées à sa façon.

C'est simple, c'est sans esbroufe mais efficace.

Everyday I Have the Blues, Honky Tonk, All Your Love, Guess Who...

Au fur et à mesure ses chorus prennent de la puissance, les cordes chantent des notes bleues tout en rondeur.

Petit à petit la voix aussi prend encore plus de puissance et de chaleur, c'est très très blues.

L'émotion passe et l'ensemble groove bien.

Sur certains moceaux comme Rock Me Baby ou The Blues is Alright il n'hésite d'ailleurs pas à faire participer un public devenu très complice.

 

Le bougre se donne à fond... , et même (peut-être pour ne pas être en reste avec son prédécesseur sur scène José Cosoléto) il ose jouer un chorus guitare sur les épaules ou de face avec les dents !

C'est un spectacle dont l'auditoire raffole. Personnellement je me serais passé de ce cliché que je trouve trop en décalage avec l'esprit et la qualité de sa musique.... Mais bon, il est bien sûr très applaudi !

 

Il faut aussi féliciter le travail des O.C.Bothers car accompagner au pied levé une personnalité qui joue un blues aussi différent que le leur n'est pas chose facile.

Ils s'y sont collés avec talent, respectant la sobriété de Maître G, même si par moment leur excellent mais fougueux batteur a eu un peu de mal à contrôler son énergie pour servir une musique qui n'a besoin que de l'essentiel.

 

En tout cas, vraiment une excellente soirée.

Bravo à tous !

 

Jean-Louis Guinochet

 

 

 

Philippe Grancher (Album Classical Blues Music).

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The O.C.Brother, avec de gauche à droite : José, Tony et Doménico Cosoleto et Richard Peyrichon. Photo Jean-Louios Guinochet
The O.C.Brother, avec de gauche à droite : José, Tony et Doménico Cosoleto et Richard Peyrichon. Photo Jean-Louios Guinochet
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O.C. Brothers. Dangerous Driving. CD "Daddy Put The Blues On Me".
01 Piste 01 4.mp3
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www.philippe-grancher.fr

www.ocbrothers.com

www.myspace.com/jacksbluescafe