Photo André Fanelli

WEBZINE FEELING BLUES

CARREFOUR DES AMOUREUX DU BLUES DANS LE SUD

Bi-mestriel

N° 7

novembre/décembre 2013

PAGE 1

SOMMAIRE

PAGE 1

1. Édito

2. Nostalgie

3. Albums à Découvrir

4. Compte Rendus d'Évenements

PAGE 2

5. Articles et Interviews

6. Prochains Concerts Régionaux

7. Le Petit Gag du mois

8. Les Petites Annonces des Lecteurs

9. Dernières Infos

1.

ÉDITO

Feeling Blues a un an !

Ce webzine encore très jeune est surtout plein d'avenir !

 

Merci car dès le début il a eu votre soutien et vos encouragements. Cette vieille histoire d'amour entre le Blues et nous va donc continuer. Comme nous le disions dans le premier numéro, Feeling blues se construit par vous, pour vous, avec vous.

Si vous êtes dans le sud, n'hésitez pas a y participer.

Nous avons besoin de toutes vos informations (concerts, CDs, chroniques ou idées d'articles, programmations...).

 

A partir de ce numéro, la rubrique "Nostalgie" annimée par André Fanelli  continuera sous "Les personnages légendaires du Blues" qu'il a côtoyé ou rencontré.

Toujours en consacrant une grande place aux artistes, nous essayerons aussi de réserver une place à tous les acteurs qui font le Blues dans le Sud (associations, radios, organisateurs de spectacle, photographes ...).

 

Bonne lecture,

 

La rédaction

 

 

 

2.

NOSTALGIE

Les personnages légendaires du Blues par André Fanelli.

Mayo "Ink" Williams dans les années 20.
Mayo "Ink" Williams dans les années 20.

J.Mayo WILLIAMS

 

Je débuterai cette série de brèves chroniques sur les « personnages légendaires du Blues » que j'ai eu le bonheur de côtoyer ou de rencontrer par une personnalité réellement hors du commun : J. Mayo Williams.

Quelques heures avec Monsieur WIlliams

1972... Mayo Williams était face à nous... Un vieux monsieur courtois qui nous accueillait avec une certaine curiosité. Deux jeunes français et un américain, jeune aussi, venant voir un homme très âgé, pleins d'un respect affectueux, venant évoquer un âge si ancien, si oublié de tous y compris aux Etats-Unis. Ce fut l'une des grandes journées de ma vie. Quelques heures d'une densité prenante. Un contact établi avec ceux qui fondèrent cette musique, cet art populaire, qui tient une telle place dans notre existence, résistant à tout.

Mayo Williams était face à nous... Nous nous sentions emportés dans un tourbillon où défilaient devant nous toutes celles et ceux qui furent ses découvertes, ses poulains : Blind Lemon Jefferson, Blind Blake, Papa Charlie Jackson, Ma Rainey, King Oliver, Freddie Keppard... L'immense Bessie, Fletcher Henderson !

Le destin de Mayo Williams est vraiment exceptionnel. Raconter sa vie et ses multiples rencontres demanderait un bien long article. Ceux qui ont envie de mieux pénétrer dans ce parcours étonnant peuvent se référer au site suivant pour un papier bien documenté d'Eddy Lentz, éminent spécialiste... du foot américain :

http://hepstrack.com/about/alumni/brown/j-mayo-williams/

J. Mayo Williams était natif de Pine Bluff (Jefferson County) dans l'Arkansas le 25 Septembre 1894. Il n'a que 7 ans quand son père est tué dans une rixe survenue dans une gare locale, il quitte Pine Bluff , direction Monmouth dans l'Illinois.
Ses études montrent un élève sérieux doublé d'un athlète prometteur. La Brown University l'accueille en 1916. Il y devient un sportif de haut niveau.
Dès les années 20, il devient un homme incontournable, jouant un rôle décisif dans l'industrie naissante des « race records », ces enregistrements spécifiquement destinés à une clientèle noire. Il offrira au public la découverte d'artistes de premier plan tant dans le domaine des chanteuses de classic blues que dans celui des bluesmen proprement dit.

La firme Paramount avait mis sur pieds un service de vente de 78 tours par correspondance et, assez souvent, des acheteurs faisaient part à la direction de l'existence de talents locaux.
C'est ainsi qu'en 1925, un certain Sam Price (qui deviendrait lui-même plus tard un artiste reconnu dans la communauté africaine-américaine), écrivit à Mayo Williams pour lui recommander un certain Blind Lemon Jefferson.
Mayo Williams l'invita immédiatement à se rendre dans les studios de Chicago. Il allait devenir une des stars du label.
Au fil du propos de Williams nous avions l'impression d'entrer en harmonie avec ce géant des années 20.

Durant des heures nous avons écouté des anecdotes qui ramenaient à notre présent des personnages fascinant à jamais perdus.
Nous avons vu défiler une galerie truculente avec Blind Blake, génial guitariste aveugle... qui jouait aux cartes et trichait... Ma Rainey et son pistolet... Au moment de partir nous avons eu l'agréable surprise de voir Mayo Williams nous offrir toute une série de productions de son label (Ebony Records).
Nous le quittons sachant que nous avons vécu quelques heures étonnantes et qu'il y a bien peu de chances de rencontrer à nouveau ce grand témoin de l'histoire de la musique populaire moderne...

Mayo Williams est décédé à l'âge de 85 ans en 1980...

André Fanelli

 

 

Au bureau de Mayo Williams : André Fanelli et Bruce Iglauer (Aligator records). Photo Nicole Fanelli.
Au bureau de Mayo Williams : André Fanelli et Bruce Iglauer (Aligator records). Photo Nicole Fanelli.

3.

ALBUMS À DÉCOUVRIR

UNE ANNÉE D'ALBUMS

 

 

PETIT RAPPEL DES PRINCIPALES CHRONIQUES D'ALBUMS DE GROUPES RÉGIONAUX OU D'ARTISTES INTERNATIONAUX QUI, POUR LA PLUPART, SE SONT PRODUITS CHEZ NOUS POUR LE GRAND PLAISIR DES AMOUREUX DU BLUES DANS LE SUD.

 

 

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Cf. les numéros 1 à 6, les chroniques d'André Fanelli et de Jean-Louis Guinochet

THE CASH BOX KINGS

BLACK TOPPIN'

Blind Pig BPCD 5150/ Socadisc

Oscar Wilson : vocals : 2.4.5.7.8.10.11.

Joe Nosek : harmonica/vocals : 1.3.6.9.12.13.

Joel Paterson : lead guitar : all tracks.

Billy Flynn : guitar : 1.5.6.9.

Barrelhousse Chuck : piano : 5.9. organ : 1.6.

Keny"Beedy Eyes"Smith : drums : 3 à 7. 12.13.

Beau Sample : upright bass : 2 à 5.7.12. bass : 13.

Marck Haines : drums : 1.2.8.9.

Gerry Hundt : bass : 1.6.8.9. rhythm guitar : 3.4.7.12.13.

Alex Hall : drums : 11.

Jerry Devivo : saxophone : 3.4.9.

 

Il y a peu de groupes de Chicago Blues à Chicago qui ne se produisent sous le nom d'un leader, souvent chanteur et (ou) guitariste.

The Cash Box Kings (CBKs) fait partie des exceptions.

Comme la dernière fois le groupe emmené par l'harmoniciste Joe Nosek nous offre un magnifique album de Chicago Blues aux recettes vitaminées doppées d'énergie.

Les compositions sonnent le blues électrique comtemporain qui pulse dans la tradition du genre que cette "brigade" de musiciens talentueux maîtrise totalement, les reprises sont revisitées avec une "créativité épicée" qui me fait dire que ce CD "de bon goût" est aujourd'hui le meilleur du groupe.

Un festin ! Déjà à la rythmique, Gerry Hundt et Beau Sample qui se partagent les basses et contrebasses et Kenny Smith ou Mark Haines à la batterie assurent un groove aux saveurs typiquement chicagoanes, ensuite Joel Paterson à la guitare a les moyens de nous enivrer avec assurance par son phrasé diaboliquement simple, et la voix d'Oscar Wilson (qui alterne avec celle de Joe), le piano de Barrelhousse Chuck (encore lui) et les riffs de Billy Flynn complètent ce menu aux inspirations "Dixon" et "Rogers" très Windy City dont on savoure chaque titre dans leur jus avant de vite demander du rab.

Enfin, gardez une petite place pour le dessert car on a droit à un magnifique "Run Run Run" de Lou Reed, un surprenant boogie accompagné d'un coulis slidé.

Ce n'est pas le moment de vous mettre au régime.

Un album a déguster sans modération.

Bravo au chef Nosek dont on devrait parler plus souvent.

 

Jean-Louis Guinochet

 

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The Cash Box kings
05 Money, Marbles & Chalk.mp3
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THE WALTER DAVIS PROJECT

TRIBUTE TO A GIANT OF 20th CENTURY BLUES MUSIC

Electro-Fi 3435

1. Nothin' but Blues.     Henry Townsend
2. Oh! Me! Oh! My! Blues.     Billy Boy Arnold

3. Why Should I Be Blue.     Charlie Musselwhite
4. Blue Sky Is My Blanket.     Jimmy Mccracklin
5. Just One More Time.    Billy Boy Arnold
6. Angel Child.     Billy Boy Arnold
7. Just Can't Help It.     Keith Dunn
8. Friends We Must Part.     Charlie Musselwhite
9. New B&O Blues.     Billy Boy Arnold
10. Ashes in My Whiskey.     Keith Dunn
11. The Dozens According to Mr. Davis.     Christian Rannenberg
12. Goodbye.     Billy Boy Arnold
13. Move Back to the Woods.     Billy Boy Arnold
14. Don't You Wanna Go.     Jimmy Mccracklin
15. Holiday Blues.     Billy Boy Arnold
16. My Friends Don't Know Me.     Billy Boy Arnold
17. Please Remember Me.     Billy Boy Arnold
18. Interview with Jimmy Mccracklin.     Jimmy Mccracklin

 

Sur une idée du pianiste Christian Ranneberg présent sur presque la totalité du CD, Electro-Fi rend hommage (après John Lee "Sonny Boy" Williamson et Big Bill Broonzy) à Walter Davis, chanteur et pianiste né à Grenada (Mississippi) en 1912.

Avec pas loin de 160 titres enregistrés pour Bluesbird, il était un des bluesmen les plus populaires des années 30.

Christian Ranneberg, qui joue ici comme son idole, a pris plusieurs années pour aller à la rencontre de musiciens proches de Davis.

On retrouvera Jimmy McCracklin avec une interwiew et deux titres enregistrés juste avant sa mort et Henry Townsend (qui a appris à Davis à jouer du piano et qui a lui aussi disparu depuis) accompagné par Bob Corritore et qui chante "Nothin' But Blues".

Keith Dunn et Charlie Musselwhite ne l'on pas connu mais lui rendent aussi hommage avec deux beaux titres chacun.

Toutefois, c'est surtout Billy Boy Arnold, lui qui a vécu à Chicago après la guerre et bien connu Walter Davis, qui chante et joue de l'harmonica sur la plupart des morceaux.

Un excellent et émouvant album que je ne recommande pas qu'aux pianistes.

 

Jean-Louis Guinochet

 

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07 Just Can't Help It.mp3
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O.C.BROTHERS

DADDY PUT THE BLUES ON ME

Autoproduit. O.C.Blues Live. Août 2013

 

 

José Cosoleto : vocals, guitar

Domenico Cosoleto : bass

Tony Cosoleto : drums

Richard Peyrichon : guitar

Georges De Martino : trumpet

Jean-Vincent Lanzillotti : trumpet

Fabrice Vaure : saxophone

Ce CD d'OC BROTHES au complet, sorti fin septembre, est le sixième de ce groupe Niçois qui existe déjà depuis 30 ans.

Dix compositions aux influences Blues, Soul et Rock'n'roll sur des textes de Philip Leroy et Richard Peyrichon.

Les orchestrations et les mises en place (et particulièrement celles des cuivres) sont parfaites. L'enregistrement est de grande qualité. Les musiciens sont tous d'un très haut niveau. Sur ces plans, rien à dire.

Malgré tout cela (ou peut-être à cause de tout cela), et sans mettre en doute la sincérité d'OC. Brothers, pour moi ce CD passe à côté des qualités qui font la magie du Blues.

L'ambiance générale respire la précision, la technicité, la virtuosité, voire la complication, au détriment de ce qui fait la beauté des toutes ces musiques, la chaleur, la simplicité, l'humilité, l'inspiration, l'improvisation et surtout l'émotion.

Peut-être ont-ils voulu trop bien faire ?

On aura je pense un jour ou l'autre un album "retour aux racines" avec un vrai hommage à leurs pères spirituels.

 

 

Didier Blaine/Jean-Louis guinochet

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OC. Brothers
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LURRIE BELL

BLUES IN MY SOUL

Delmark DE 829

Enresgistré au Riverside Studio. Chicago. 2013 par Steve Wagner.

Lurrie Bell, vocals, guitar

Roosevelt Purifoy, piano & organ

Matthew Skoller, harmonica (tracks 3,6,8,9,10,14)

Melvin Smith, bass

Willie Hayes, drums

Marques Carroll, trumpet and horn arranger (tracks 1,12)

Chris Neal, tenor sax (tracks 1,12)

Mark Heibert, baritone sax (tracks 1,12)

 

Le titre "Blues Never Die" du grand Otis Spann illustre bien ce dernier album de Lurrie Bell, un hommage à Magic Slim récemment disparu, le Blues ne meurt jamais, et à qui il dédie une de ses 3 compositions "24 Hour Blues" sur la plage 7.

 

Entouré des meilleurs du genre avec Roosevelt Purifoy, Matthew Skoller, Melvin Smith et Willie Hayes, le Chicago Blues est omniprésent avec des hommages à T-Bone Walker (1)"Hey Hey Baby" et (10)"T-Bone Blues Special", Big Bill Broonzy (3)"I Feel So Good", Junior Wells (Amos Blackmore) (5)"Bout The Break Of Day", Jimmy Rogers (James A. Lane) (6)"Going Away Baby" et (8)"My Little Machine"...et ça continue avec Little Walter (Walter Jacobs) (9)"I Just Keep Loving Her, Otis Spann (14)"Blues  Never Die", Eddie Boyd (11)"Just The Blues".

 

Les trois autres sont des compositions de Lurrie, dont l'excellent blues lent (2)"Blues In My Soul" où son jeu de guitare s'exprime simplement mais librement et sûrement avec en prime un brillant chorus d'orgue de Roosevelt Purifoy , et (12)"South Side To Riverside" où les cuivres le soutiennent dans une grande tradition à la "Albert King" !

 

Cet album est fait, comme dans le dernier que nous avait laissé Magic Slim "Bad Boy" et à l'exception pour tous les deux de trois belles compositions, de très bonnes reprises des grands bluesmen auxquels ils rendent hommage avec des orchestrations parfaites et un émouvant feeling.

A la guitare comme au chant, Lurrie Bell c'est avant tout la simplicité et l'efficacité.

C'est ça le Chicago Blues, "Never Die" !

Un album à ne pas manquer.

 

 

Jean-Louis Guinochet

 

 

Lurrie Bell sera en tournée en France en novembre et dans le sud le 13 novembre au JAM à Montpellier (34).

Lurrie BELL : vocal/guitar

Russ Green : harmonica

Willie Hayes : drums

Melvin Smith : bass

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Lurrie Bell
14 Blues Never Die.mp3
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ANTHONY MOSER

TRANSHUMAN BLUES

mosermusic.com

Recorded live at Chicago Recording Company & Sammon Studios

Tracks 1.2.6.7.8.10

Anthony Moser : guit/vox

Nk Skilnik : bass

Pat Seals : drums

Marty Sammon : piano

 

Tracks 3.5

Antony Alblan : guitar/mandolin

 

Track 9

Anthony Moser & Ben Johnson : vox

Tristan Murphy : bass/percussion

 

Anthony Moser était venu remplacer Eddie Taylor Jr., malade ce jour là, pour un concert au Budy Guy Legends.

Ce jeune bluesman m'avait surpris par l'aisance avec laquelle il avait, tout seul, pris possession de cette scène mythique de Chicago pour nous servir d'excellentes interprétations de standards du blues qu'il ponctuait par quelques unes de ses compositions.

Il m'apprit par la suite qu'il était un habitué des lieux, pratiquant même  l'écriture dans la revue sur le blues qu' édite Buddy Guy.

 

Le dernier album qu'il me donne,"Transhuman Blues", est assez éloigné de ce que j'avais entendu ce jour là.

C'est beaucoup moins blues mais certes plus personnel, avec des influences jazz, folk ou funk.

J'aime moins, bien que la voix d'Anthony passe plutôt bien dans ces styles métissés.

Est-ce là la relève chicagoane ?

L'ensemble n'est pas désagréable, toutefois, même si la voix est un peu faible, j'ai une nette préférence pour le dernier titre, une reprise de T-Bone Walker,"That Old Feeling Is Gone", enregistré sans prétention mais émotion avec ses jeunes potes et qui comporte un beau chorus de Marty Sammon au piano, puis, à la fin, un étonnant chorus de basse de Nik Skilnik, un bon blues de 10'15.

 

Catherine Foret

 

 

 

 

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Anthony Moser. La reprise de T.Bone Walker.
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BARRELHOUSSECHUCK & KIM WILSON'S BLUES ALL-STARS

DRIFTIN' FROM TOWN TO TOWN

The Sirens SR5021

Barrelhousse Chuck : Vocals/piano

Kim Wilson : Vocals/harmonica

Jeremy Johnson : guitar

Billy Flynn : guitar

Richard Innes : drums

Larry Taylor : bass

1. The Big Push (Cal Green)
2.  Driftin' From Town to Town (Goering)
3.  I'm Leaving You ((Burnett)
4.  Stockyard Blues (Jones/Young)
5.  Lucky Lou (J. Williams)
6.  Thirty Days (Berry)
7.  Flat Foot Sam (Wills)
8.  K & C Boogie (Wilson/Goering)
9.  You Can't Live Long (Floyd Jones)
10. Sher's Got a Thing Going On (Landrew)
11. Three Hundred Pounds of Joy (Dixon)
12. Anna Lee (McCollum)
13. Time Is Tight (Jones Cropper, Jackson, Dunn)

 

 

Le neuvième album solo de Barrelhousse depuis le premier "Salute To Sunnyland Slim" en 1999 et le deuxième avec Kim Wilson' Blues All-Star en 2006 qui reste à mon avis meilleur que celui-ci. A l'époque Calvin "Fuzz" à la basse et Kenny Smith à la batterie assuraient la rythmique du Wilson' Blues All-Stars.

 

Barrelhousse Chuck, qui a beaucoup progressé au chant, chante désormais plutôt bien et reste toujours efficace au clavier dans cet esprit Chicago Blues qu'il a pratiqué avec les meilleurs (entre autres Jimmy Rogers, Eddie Taylor, Hubert Slim, Otis Rush, Buddy Gay et plus récemment John Primer et Bob Corritore....) mais ce CD me donne l'impression d'avoir été interpreté sans grande conviction par le Kim Wilson' Blues All-Stars.

Kim lui même reste assez en retrait à l'harmo et les autres protagonistes pourtant habituellement tous très bons et compétents fournissent ici le minimum.

C'est dommage car la mise en place des reprises est plutôt bonne et parfois originale (Anna Lee, Thirty Days) , et c'est bien décevant que Barrelhousse Chuck que j'aime beaucoup ne soit pas soutenu ici à sa juste valeur.

A écouter pour le piano de Chuck.

 

Jean-Louis Guinochet

 

 

 

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4.

COMPTE RENDUS D'ÉVENEMENTS

DENIS FLAICHEZ

With the Red Hot Blues Caravan

&

BIG DADDY WILSON

Samedi 6 octobre à L'EDEN DISTRICT BLUES

 

 

L'Eden District Blues, j'en avais bien sûr entendu parlé depuis longtemps mais soit je n'étais pas libre, soit je ne trouvais pas le courage de faire le déplacement, pour moi c'était un peu loin, deux heures 1/2 à l'aller et la même chose au retour.

Je regrète aujourd'hui de ne pas avoir passé le cap plus tôt.

L'endroit est agréable, la salle est grande, l'accueil chaleureux et le son excellent.

Si une des programmations vous tente, faites le déplacement, c'est juste à proximité d'une des sorties de l'auroroute entre Aix-en-Provence et Gap.

 

Pour ceux qui ne connaissent pas encore l'Eden District Blues, voici comment ils se présentent :

"EDEN DISTRICT BLUES est une association loi 1901, créée en 2002 par des « mordus » de Blues qui veulent partager leur passion et être aussi acteur de la vie culturelle de la région.
Le blues sous toutes ses formes, le blues sous toutes ses faces, voilà le credo d’Eden District Blues, qu’il vienne de Chicago, de Milan, du Texas ou de Toulouse, qu’il soit roots, swamp, rock ou du delta… Tout au long de l’année, EDB propose concerts, expos photos, conférences, cinéma, concerts pour les écoles… et anime une émission radio « District Blues »".

 

Vous voyez, c'est tout un programme ! Bravo et merci aux nombreux bénévoles sans qui ce type d'association n'existerait pas.

 

 

Denis Flaichez with The Red Hot Blues Caravan. Photo Paul Kozma, agrandissable en cliquant dessus.
Denis Flaichez with The Red Hot Blues Caravan. Photo Paul Kozma, agrandissable en cliquant dessus.

 

Ce soir je suis venu pour écouter Big Daddy Wilson mais je me suis aussi régalé avec Denis Flaichez with The Red Hot Blues Caravan qui assurait la première partie du concert.

Ce groupe venu de Bayonne joue du Chicago Blues comme je l'aime.

Pour moi c'est toujours un bonheur de découvrir un groupe qui s'exprime aussi simplement, avec passion, énergie et émotion.

C'est vraiment du bon Blues !

Peu de compositions, c'est du Chicago Blues puisé dans les racines, mais de très bonnes reprises peu connues réinterprétées avec talent.

La section rythmique tenue par Tiffany Slim à la basse et Bastien Cabezon à la batterie soutiennent sans faille la guitare de Matt Wanderscheid et le boss, Denis Flaichaiz, peut donner sans problème de sa voix parfaite pour l'exercice entre des riffs et des chorus d'harmo bien rapeux, naviguant entre Carey Bell (Just you Like), Little Walter (Ho! Baby), Rice Miller (Work whith me) ou Roy Brown (Lollipop Mama).....

Ses propres compositions, "Asthmatic Boogie", un instrumental écrit pour se défoncer les poumons à l'harmo ou "The Things I Should" sonnent et groovent aussi parfaitement.

Bref, une excellente prestation que le public de connaisseurs de cette salle achicomble de l'Eden a apprécié sans réserve si on s'en réfère à l'applaudimètre.

 

Denis Flaichez with The Red Hot Blues Caravan. Photos Paul Kozma (agrandissables).
Denis Flaichez with The Red Hot Blues Caravan. Photos Paul Kozma (agrandissables).

 

 

Après un entracte qui permet des instants conviviaux en discutant au bar devant un verre, le concert reprend avec le maître tant attendu.

La mise en scène est bien symétrique.
Les trois musiciens sont assis.
Au centre Big Daddy Wilson trône derrière ses instruments de percussion qu'il utilise mi-percussion, mi-batterie avec un charleston légèrement trafiqué qu'il frappe aux fagots.
A gauche de la scène Roberto Morbioli aux guitares sèches.
A droite Paolo Legramandi aux basses 1/2 caisses.

Photo Paul Kozma.
Photo Paul Kozma.

 

Ce natif de Caroline du Nord a une voix "à vous couper la vôtre". Elle est chaude, grave, fluide, puissante, douce, intense, à la fois évidente et surprenante, rarement forcée, toujours maîtrisée, avec un style vocal unique au débit parfaitement rythmé qu'il fait groover à l'instar de ses percus.

Photo Paul Kozma.
Photo Paul Kozma.

 

Les titres s'enchainent entrecoupés d'anecdotes, de quelques rires, de petites histoires et de précisions sur sa vie et le gospel de son enfance....
"I'm Your Man", "Baby's Coming Home Again","I'm So Glad", "i Wanna Be Your Man"....
Le tout accompagné par l'époustouflant jeu de guitare de Roberto à l'efficacité dévastatrice et la basse toute simple de Paolo dont on a l'impression parfois qu'il carresse les cordes pour obtenir de subtiles harmonies.

Roberto Morbioli & Paolo Legramanti. Photos Paul Kozma. (agrandissables).
Roberto Morbioli & Paolo Legramanti. Photos Paul Kozma. (agrandissables).

 

Je ne sais pas où il les a trouvé, mais ces deux italiens sont des virtuoses taillés sur mesure pour mettre en valeur son univers.
Ils se promenent tous les trois main dans la main sur les chemins de terre de sa Caroline du Nord, emmenant avec eux le public capté par ce voyage musical émouvant.

Le Blues-Roots-Sophistiqué de cet Auteur-Compositeur-Interprète m'a totalement séduit, et comme il le dit : "Le Blues est un sentiment. Feel me!"

 

 

Bastien Cabezon & Big Daddy Wilson pandant le dernier rappel. Photo Paul Kozma.(agrandissable)
Bastien Cabezon & Big Daddy Wilson pandant le dernier rappel. Photo Paul Kozma.(agrandissable)

 

Pour honorer à sa manière la première partie, Big Daddy invite Bastien Cabezon à partager le dernier rappel avec eux.
Debout, la salle comble est aux anges.

Un magnifique concert.

jean-louis guinochet

 

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Denis Flaichez
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BIG DADDY WILSON
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